La Grande Affabulation fait d’un cahier perdu un voyage musical entre rêve et réalité

La Grande Affabulation fait d’un cahier perdu un voyage musical entre rêve et réalité

Créée à la Salle Favart à Paris, La Grande Affabulation est une fable en musique de l’Opéra-Comique. Le spectacle réunit théâtre, chant, danse et imaginaire fantastique autour d’une jeune interprète qui a perdu son cahier. Cette disparition ouvre un voyage où le rêve devient récit, tandis que les répertoires anciens prennent une forme très contemporaine.

Une création musicale pensée pour les jeunes voix

La Grande Affabulation est un spectacle musical conçu par Benjamin Lazar, à la mise en scène, et Geoffroy Jourdain, à la direction musicale. L’œuvre ne juxtapose pas des morceaux chantés et une histoire : la musique fait avancer la fiction. Les situations changent au rythme des voix, des mouvements et des décors, dans une forme accessible aux curieux comme aux habitués de l’opéra.

La création a été imaginée pour la Maîtrise Populaire de l’Opéra-Comique, qui rassemble des maîtrisiens et des maîtrisiennes âgés de 12 à 23 ans. Leur présence ne tient donc pas à un simple choix de distribution. Leurs compétences vocales, théâtrales, instrumentales et chorégraphiques structurent le projet. Le spectacle s’inscrit dans une démarche où l’apprentissage artistique conduit à une œuvre scénique collective et pleinement incarnée.

Une fable, plutôt qu’un opéra à intrigue linéaire

La formule « fable en musique » décrit bien le ton de l’œuvre. Le récit accepte les bifurcations, les métamorphoses et les rencontres improbables. Oiseaux, sorciers, chevalier endormi et monstre marin appartiennent à un monde qui obéit à la logique du rêve. L’enjeu n’est pas de résoudre une intrigue réaliste, mais de faire traverser à l’héroïne une expérience d’écoute, de doute et d’invention.

Cette forme donne une place importante au jeu collectif. Les jeunes interprètes passent d’un rôle à l’autre, font surgir des figures, animent l’espace et composent une communauté mouvante. Le spectateur ne suit donc pas seulement une héroïne. Il voit un groupe inventer sous ses yeux les règles d’un conte, puis les modifier au fil des scènes.

Du cahier perdu au voyage initiatique : l’histoire en cinq mouvements

Le point de départ est simple : une jeune maîtrisienne a perdu son cahier. Celui-ci contient une histoire de prince et de princesse, mais sa disparition entraîne bien plus qu’une recherche matérielle. Au fil des scènes, la frontière entre répétition, souvenir et aventure fantastique devient de moins en moins nette.

Localiser la Salle Favart, lieu de création de La Grande Affabulation
Scène Lieu ou situation Événement central
Le rêve de la répétition Un espace entre réalité et songe Le monde du spectacle bascule vers l’imaginaire.
La séance extraordinaire Une assemblée animée La recherche du cahier et de son récit s’organise.
La forêt de Longue Attente Un territoire d’égarement Les personnages traversent le doute et l’attente.
Le Chevalier somnolent Un épisode de mémoire suspendue Un chant d’amour réveille des souvenirs enfouis.
La mer, le monstre et la danse de joie Un horizon marin La pieuvre recueillie prend une dimension nouvelle et le parcours s’achève dans l’élan collectif.

Dans cette quête, les oiseaux et les sorciers tentent d’aider la jeune fille. L’histoire du cahier met en scène un prince et une princesse dont la relation est fragilisée par le poison et le soupçon. La forêt de Longue Attente, puis l’apparition du Chevalier somnolent, déplacent progressivement l’attention. Retrouver l’objet compte moins que comprendre ce que son absence rend possible.

Une bulle de jeu se forme autour du cahier disparu. Au lieu de refermer immédiatement le manque, le spectacle l’agrandit pour en faire un espace d’essai. Les personnages peuvent y déposer des fragments de légende, des peurs adolescentes et des refrains anciens. Cette idée éclaire la fin : ne pas retrouver exactement l’histoire perdue n’est pas un échec. L’héroïne est désormais capable d’en inventer une autre.

Pourquoi les musiques anciennes sonnent-elles si actuelles ?

La singularité de l’œuvre tient à ses adaptations vocales et instrumentales d’œuvres existantes. Le répertoire traverse la Renaissance, le baroque, les musiques modernes et les musiques contemporaines. Loin de prendre la forme d’une leçon d’histoire de la musique, ce mélange sert la dramaturgie. Une couleur vocale, une pulsation ou une polyphonie peut devenir le langage d’un personnage, d’un sort ou d’une procession.

La Grande Affabulation : présentation et réservations : Découvrez la présentation officielle, la distribution, les dates du 10 au 16 mai 2025 et les informations de diffusion de l’opéra porté par Geoffroy Jourdain et Benjamin Lazar.

Des effectifs et des timbres au service du récit

Les formations vocales vont du chant soliste à la polyphonie, avec des ensembles réunissant de 1 à 80 chanteurs et chanteuses. Cette amplitude permet de faire entendre une confidence, puis une foule, une forêt ou une tempête. L’orchestre utilise des instruments associés aux XVIe et XVIIe siècles. Leurs sonorités ne figent pourtant pas le spectacle dans le passé : elles deviennent la matière d’un récit volontairement anachronique.

Théâtre, danse et machinerie visible

La scène prolonge cette circulation entre les époques. Arbres portatifs, tables, chariots, ciel étoilé et océan de tissu composent des décors mobiles qui accompagnent les passages d’un monde à l’autre. La danse et les claquettes ajoutent une énergie physique au chant. Une marionnette géante, animée par cinq enfants, donne une présence concrète au fantastique. Le monstre n’est pas seulement raconté : il est fabriqué collectivement sous les yeux du public.

Les costumes, issus notamment des stocks de l’Opéra-Comique, prolongent ce collage poétique. Ils ne cherchent pas à reconstituer une époque avec précision. Ils installent plutôt une temporalité flottante, où le conte médiéval, le théâtre baroque et l’adolescence contemporaine peuvent cohabiter sans se contredire.

Les artistes et le projet de la Maîtrise Populaire

Benjamin Lazar construit une mise en scène attentive au pouvoir évocateur des corps, des objets et de la parole. Geoffroy Jourdain organise la matière musicale et les passages entre les répertoires. Leur collaboration réunit une trame initiatique, des arrangements, des scènes dansées et les personnalités d’interprètes encore jeunes, mais déjà confrontés aux exigences d’une création professionnelle.

La Maîtrise Populaire occupe une place centrale dans ce dispositif. Depuis 2023, elle présente un spectacle en fin de saison. Son travail ne se limite pas à la formation chorale : il associe voix, jeu, mouvement et pratique instrumentale. Le processus d’écriture participatif, nourri par des ateliers avec les jeunes artistes, explique la liberté qui traverse la fable. La transmission ne reste pas en marge du spectacle. Elle intervient dans sa conception et dans sa forme.

Cette organisation donne aussi à entendre la diversité des compétences réunies sur scène. Les interprètes chantent, jouent, dansent et manipulent les éléments du décor. Le spectacle devient ainsi le prolongement visible d’un parcours de formation, sans perdre les exigences d’une véritable création scénique.

Où suivre le spectacle et sa diffusion en ligne ?

La création est liée à l’Opéra-Comique et à sa Salle Favart. Pour retrouver une présentation détaillée, des extraits, le déroulé des scènes et les intentions artistiques, il faut consulter les canaux officiels de l’institution. Les calendriers de représentation peuvent évoluer selon les saisons.

Une captation a également été annoncée en replay sur France Télévisions, du 23 septembre 2025 au 24 septembre 2028. Le spectacle est aussi mentionné en diffusion sur OperaVision. Ces deux modalités ne garantissent pas nécessairement la même disponibilité ni les mêmes conditions d’accès. Avant de prévoir un visionnage, vérifiez directement la présence effective de la vidéo sur la plateforme concernée.

Le replay permet de remarquer des détails parfois plus discrets en salle : une entrée polyphonique, un geste chorégraphique, le déplacement d’un élément de décor ou le travail à plusieurs sur la marionnette. La captation conserve surtout ce qui fait l’identité de l’œuvre : l’impression qu’un groupe de jeunes voix invente, avec une précision musicale réjouissante, un monde plus vaste que le cahier dont il est né.